Liège, algues, lin : Les matériaux biosourcés qui révolutionnent le surf
Les matériaux biosourcés dans le surf ne sont plus un concept de salon écolo, mais une vraie lame de fond qui traverse l’industrie de la glisse. Entre algues d’échouage, mycélium de champignons, fibres de lin ou liège, shapers et ingénieurs réinventent la façon de concevoir planches et accessoires, avec pour objectif de réduire l’empreinte carbone tout en gardant des planches performantes sous les pieds. Depuis Mimizan et toute la côte Atlantique, on voit arriver ces innovations dans les magasins, les ateliers et les line-up. En tant que surf shop spécialisé en accessoires techniques, Alternative Surf Shop suit de près ces matériaux biosourcés pour sélectionner les équipements les plus cohérents pour votre pratique.
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Dans l’univers du surf, on parle de matériaux biosourcés lorsqu’une partie des matières utilisées provient de ressources biologiques renouvelables. Il peut s’agir d’algues, de mycélium, de bois, de liège, de fibres naturelles comme le lin ou encore d’huiles végétales. L’objectif n’est pas toujours de fabriquer un produit entièrement naturel, mais de remplacer progressivement certains composants issus du pétrole par des alternatives renouvelables, moins dépendantes des ressources fossiles.
Cette évolution concerne aussi bien les planches de surf que les dérives, les pads, les combinaisons, les housses ou certains accessoires. Elle répond à un enjeu important pour l’industrie de la glisse : réduire l’impact environnemental des équipements sans compromettre leur solidité, leur légèreté ou leurs performances dans l’eau.
Une planche de surf classique repose encore largement sur :
• un noyau en mousse polyuréthane (PU) ou en polystyrène expansé (EPS)
• une résine polyester ou époxy utilisée pour rigidifier et imperméabiliser la planche
• des fibres de verre qui assurent sa résistance mécanique
• différents additifs chimiques employés pour améliorer la solidité, la finition ou la durée de conservation des matériaux
Ces composants offrent de bonnes performances, mais leur fabrication reste énergivore et repose en grande partie sur des matières premières pétrochimiques. Les matériaux biosourcés cherchent donc à diminuer cette dépendance en intégrant des ressources renouvelables à chaque étape de fabrication.
Les analyses d’impact montrent que les résines époxy biosourcées peuvent réduire les émissions de CO2 de 30 à 50 % par rapport à une résine classique. En combinant mousse alternative, résine bio et fibres optimisées, le gain global peut atteindre environ 45 % sur l’impact environnemental d’une planche. Autrement dit, le choix des matériaux n’est pas un détail : c’est le principal levier d’éco-conception aujourd’hui.
Pour un surfeur de l’Atlantique, il s’agit de trouver un équilibre entre trois critères :
• Performance et sensations dans l’eau
• Durabilité et réparabilité
• Impact environnemental sur l’océan que l’on surfe au quotidien
En Bretagne, Paradoxal Surfboards développe une approche originale : utiliser des algues échouées sur les littoraux comme matière première pour fabriquer des planches de surf. Le projet s’est d’abord intéressé aux algues vertes présentes sur les côtes bretonnes, avant d’étendre ses recherches à d’autres ressources marines, notamment les sargasses.
L’objectif n’est pas simplement d’ajouter une petite quantité d’algues à une planche conventionnelle. Paradoxal cherche à remplacer une partie des matériaux pétrosourcés, en particulier les pains de mousse en polyuréthane ou en polystyrène qui constituent habituellement le cœur de la planche. Cette démarche permet de donner une nouvelle utilité à une biomasse locale considérée comme un déchet, tout en réduisant la dépendance de l’industrie du surf aux ressources fossiles.
Le processus repose sur plusieurs étapes :
• récupération d’algues déjà collectées sur les plages
• traitement, séchage et broyage de la matière
• transformation de la poudre obtenue en matériau thermoformable
• fabrication de bobines compatibles avec l’impression 3D
• impression de la structure interne de la planche
• ajout de renforts, puis stratification pour assurer la solidité et l’étanchéité
L’innovation ne concerne pas uniquement la composition de la planche. Elle repose aussi sur une nouvelle manière de construire son noyau. Au lieu de partir d’un bloc de mousse plein que le shapeur vient poncer et creuser, Paradoxal imprime une structure interne en forme de treillis, composée de cavités vides.
Cette architecture permet de déposer la matière uniquement aux endroits où elle est utile. Certaines zones particulièrement sollicitées par la flexion, la torsion ou les appuis du surfeur peuvent ainsi être renforcées avec davantage de précision. L’impression 3D limite également les chutes de mousse produites lors du shape traditionnel, puisque la structure est fabriquée directement selon sa forme définitive.
La conception s’inspire du biomimétisme. Le dessin des alvéoles reprend notamment la structure microscopique des diatomées, des microalgues dont la forme naturelle associe légèreté et résistance. La planche n’est donc pas seulement fabriquée à partir d’une ressource marine : sa construction interne s’inspire également du fonctionnement du vivant.
Une fois imprimée, la structure doit encore être stratifiée avec des fibres et une résine afin de devenir étanche et de résister aux contraintes rencontrées dans l’eau. Les algues ne constituent donc pas à elles seules l’intégralité de la planche. Elles remplacent principalement une partie du matériau utilisé dans le noyau, tandis que les autres composants doivent eux aussi évoluer vers des solutions recyclées ou biosourcées pour diminuer l’impact global du produit.
L’impression 3D ouvre également la voie à une fabrication plus locale et plus flexible. À partir d’un fichier numérique, la répartition de la matière, le volume, le flex et les zones de renfort peuvent être adaptés au modèle de planche, au niveau du pratiquant ou aux conditions recherchées.
Cette méthode pourrait permettre de fabriquer à la demande, de limiter les stocks et d’éviter la production de planches qui ne trouveraient pas d’utilisateur. Paradoxal Surfboards prévoit d’ailleurs des précommandes en 2026, signe que le projet évolue progressivement de la phase expérimentale vers une première commercialisation.
Pour le pratiquant, cette technologie présente plusieurs perspectives intéressantes :
• une planche construite avec moins de matériaux issus du pétrole
• la valorisation d’algues échouées et de ressources disponibles localement
• une structure interne renforcée selon les zones réellement sollicitées
• une fabrication personnalisable grâce à la conception numérique
• une réduction des chutes produites pendant la fabrication du noyau
Il faut néanmoins conserver un regard mesuré. Les planches imprimées à partir de matériaux algaux restent beaucoup plus récentes que les constructions classiques en PU ou en EPS. Le recul demeure donc limité concernant leur vieillissement sur plusieurs années, leur réparabilité à grande échelle et leur comportement après une utilisation intensive.
De la même manière, un matériau biosourcé n’est pas automatiquement biodégradable, recyclable ou sans impact. Le bilan environnemental final dépend également de l’énergie consommée pendant l’impression, de l’origine des fibres et des résines, de la durée de vie de la planche et des solutions proposées lorsqu’elle devient inutilisable.
Paradoxal Surfboards illustre néanmoins une évolution importante : les algues ne sont plus seulement envisagées comme une nuisance à éliminer, mais comme une matière première capable de participer à la transformation de l’industrie du surf.

Le mycélium est la partie végétative des champignons. Il se compose d’un réseau de filaments microscopiques capable de coloniser des matières organiques comme la paille, le chanvre ou la sciure. En se développant, ces filaments relient les fibres entre elles et forment progressivement une structure légère et rigide.
Après quelques jours de croissance dans un moule, le matériau est séché afin de stopper son développement et de stabiliser sa forme. Cette technique, déjà étudiée dans les secteurs de l’emballage, de l’isolation et du mobilier, pourrait également remplacer une partie des mousses pétrosourcées utilisées dans les planches de surf.
Dans le Morbihan, Koz Surfboards développe des planches dont le noyau est fabriqué à partir de mycélium et de résidus végétaux, notamment de paille et de chanvre.
Le processus repose sur plusieurs étapes :
• préparation et pasteurisation des matières végétales
• ajout du mycélium
• mise en moule pendant plusieurs jours
• séchage du noyau pour stopper sa croissance
• ajout de fibres de lin et d’une résine biosourcée
• stratification et étanchéification de la planche
La marque compare cette méthode à une forme d’impression 3D naturelle : au lieu de découper un bloc de mousse industriel, le noyau se développe directement dans un moule ayant la forme de la future planche.
Cette technologie présente plusieurs atouts :
• utilisation d’une ressource renouvelable cultivable à la demande
• valorisation de déchets agricoles et végétaux
• réduction de l’utilisation de mousses issues du pétrole
• fabrication locale avec peu de chutes de matière
• possibilité d’adapter la densité et la forme du noyau
Les premiers modèles de Koz sont principalement destinés aux débutants, aux pratiquants intermédiaires et aux surfeurs recherchant une planche stable et confortable. Ils restent toutefois plus lourds que des modèles classiques en PU ou en EPS, ce qui apporte de l’inertie et facilite la rame, mais limite la vivacité recherchée dans un surf très performant.
Le noyau en mycélium possède un potentiel de biodégradation intéressant. Toutefois, la planche complète n’est pas encore entièrement compostable. Les fibres, la résine et les revêtements nécessaires pour assurer sa solidité et son étanchéité compliquent encore sa fin de vie.
Les principales limites actuelles sont donc :
• un poids encore relativement élevé
• peu de recul sur la longévité après plusieurs saisons
• une sensibilité naturelle du mycélium à l’humidité
• une résine indispensable pour protéger le noyau
• une production artisanale encore limitée
Le mycélium ne constitue donc pas encore une alternative totalement aboutie aux constructions traditionnelles. Il montre néanmoins qu’il est possible de fabriquer le cœur d’une planche à partir de déchets végétaux et d’un processus biologique plutôt qu’à partir d’une mousse issue du pétrole.

Les résines époxy biosourcées remplacent une partie des composants issus de la pétrochimie par des matières provenant de ressources renouvelables, comme certaines huiles végétales. Elles permettent de réduire l’empreinte environnementale de la stratification tout en conservant la solidité et l’étanchéité indispensables à une planche de surf.
Le terme « biosourcé » ne signifie toutefois pas que la résine est entièrement naturelle, biodégradable ou recyclable. Les bénéfices réels varient selon sa composition, son procédé de fabrication et les autres matériaux utilisés dans la planche.
Avant de choisir une planche présentée comme plus responsable, il est donc utile de vérifier :
• le pourcentage réel de matières biosourcées dans la résine
• la présence éventuelle de labels ou de certifications
• la transparence du fabricant sur la composition et le lieu de production
Les fibres de lin ou de chanvre peuvent remplacer une partie de la fibre de verre utilisée pour renforcer la planche. Elles apportent généralement davantage de souplesse et absorbent mieux les vibrations, offrant une sensation plus douce sous les pieds.
Elles réduisent également le recours aux fibres synthétiques, même si elles sont souvent associées à de la fibre de verre ou à d’autres renforts afin d’obtenir la résistance nécessaire.
Le bois peut être utilisé dans le stringer central, les rails ou sous forme de placage. Il contribue à la rigidité de la planche, protège certaines zones sensibles et permet de mieux contrôler son flex.
Son impact dépend néanmoins de l’essence choisie, de sa provenance et de la quantité de résine nécessaire pour l’intégrer à la construction.
Léger, souple et naturellement isolant, le liège est principalement employé sur le pont des planches ou dans la fabrication de pads hybrides. Sa texture apporte une bonne accroche, un certain confort sous les pieds et permet parfois de limiter l’utilisation de mousse synthétique.
Il provient de l’écorce du chêne-liège, qui peut être récoltée sans abattre l’arbre. Cette ressource renouvelable constitue ainsi une solution particulièrement intéressante lorsqu’elle est issue de forêts gérées durablement.

Au-delà des planches, l’empreinte se joue aussi sur les accessoires : leashs partiellement biosourcés ou recyclés, pads en EVA recyclé avec insert en liège, dérives en fibres naturelles ou composites bio, combinaisons plus responsables (Oysterprene, néoprène recyclé, etc.). L’important est d’éviter le greenwashing et d’exiger durabilité, sécurité et réparabilité. Cette exigence guide la sélection des produits écoresponsables chez Alternative Surf Shop.
| Avantages | À améliorer |
|---|---|
| • Empreinte carbone réduite • Cohérence entre pratique et protection de l’océan • Nouvelles sensations grâce au flex du lin, bois ou liège • Histoires fortes (algues bretonnes, production locale) | • Prix souvent plus élevés • Offre limitée pour certaines innovations (mycélium) • Manque de recul sur la durabilité de solutions très récentes • Fin de vie complexe pour les composites, même biosourcés |
Un surfeur régulier sur la côte Atlantique aura plus d’impact positif en choisissant des accessoires durables et bien entretenus qu’en changeant de planche « écolo » tous les ans. Pour aller plus loin, explorez la rubrique surfwear et vêtements du shop.
Les résines biosourcées et les fibres de lin ou de chanvre offrent déjà des performances proches des constructions classiques, parfois avec un confort de glisse différent mais apprécié. Les planches en algues ou en mycélium, encore expérimentales, ciblent surtout les softboards, l’école ou le free surf.
Pas nécessairement. Le lin apporte une bonne résistance aux chocs ; le liège protège le pont des enfoncements. Comme toujours, la qualité du shape et de la stratification reste déterminante.
Rincez à l’eau douce après chaque session, évitez les chocs violents et l’exposition prolongée au soleil, faites réparer rapidement les impacts. Pour une combinaison, séchez-la à l’ombre et évitez les sources de chaleur directe.
Alternative Surf Shop à Mimizan propose des accessoires techniques surf et néoprène, des combinaisons plus responsables et du surfwear engagé.
Les matériaux biosourcés – algues d’échouage, mycélium, lin, liège et résines bio – permettent déjà de réduire l’impact sans renoncer aux sensations. Alternative Surf Shop suit ces innovations de près pour proposer des accessoires techniques, durables et crédibles, adaptés aux surfeurs de l’Atlantique.
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